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Une journée en compagnie des Barons Vadrouilles !


Dimanche


19 mars 2023, 3h du matin, le réveil sonne !

Pourquoi l'avoir branché si tôt un dimanche matin ? Parce qu'aujourd'hui nous allons découvrir le Laetare de Souvret.

Robin, un de nos amis, fait partie de la société des Barons Vadrouilles et il nous a invités à le suivre pour nous faire découvrir son folklore.

Si mon compagnon connait les Carnavals, de mon côté je suis plutôt tombée dans les marches folkloriques quand j'étais petite et connais donc peu les traditions carnavalesques.

Il y a quelques années, nous avions déjà suivi le réveil des Gilles de Nivelles et j'en avais appris un peu plus, mais nous n'avions pas tout vu.

Cette fois, j'ai découvert une journée complète avec les Barons ainsi que le brûlage du Gille le lendemain soir.

Suivez-moi, je vous explique tout ça !


4h45 du matin, nous nous garons devant chez nos amis, qui sortent justement de leur maison au même moment. Nous découvrons Robin dans son costume de Baron, il est très élégant. Mais c'est en voyant Cyril, son fils de 5 ans, que notre coeur fond. Il est trop mignon dans son petit costume. Malgré l'heure matinale, Cyril tenait absolument à participer. Il voulait "faire le Carnaval" avec papa.


J'ai le temps de poser quelques questions à Robin et j'apprends qu'il n'y a pas de hiérarchie. Il y a un président de la société, mais il ne porte pas nécessairement de signe distinctif. De même, on ne marche pas en ligne, il n'y a pas de place ni de rang. C'est sympa, tout le monde est égal de cette manière.


5h10, la grosse caisse résonne, c'est parti! Dès les premiers pas, quelques Barons entament la danse, une bonne ambiance règne dans le groupe.

Nous arrivons au premier arrêt où d'autres Barons nous rejoignent. Un feu de Bengale est lancé, et un premier rondeau s'effectue. Les ombres dansent sur la façade de la maison de notre hôte.



Juste après, nous sommes invités à entrer. Rapidement, on vient nous proposer à boire et on nous donne même un verre à garder la matinée pour chaque arrêt. Une ficelle est passée autour de notre cou et autour du pied du verre et le tour est joué !


Lors de cet arrêt, j'en apprends plus sur les codes vestimentaires des Barons. Par exemple, le dimanche ils portent un oeillet blanc à la boutonnière, tandis que le lundi il sera rouge. Le mardi, lors du raclot, ils portent un tout autre costume. J'apprendrai plus tard que cette année, ils ont joué aux gangsters !




Les arrêts se suivent et nous sommes à chaque fois conviés à entrer. Pour nous, c'est un peu gênant, car dans les marches les civils ne peuvent pas entrer. Ici, lorsqu'on suit un des Barons, c'est complètement l'inverse, on se fait presque disputer si on n'entre pas et si on ne boit pas. Nous nous habituons rapidement à cette coutume et suivons le mouvement. Tout le monde est très accueillant, gentil et bienveillant.


Tout se passe dans une ambiance bon enfant, nous passons vraiment un très bon moment en compagnie des Barons.

Nous les suivons dans la salle paroissiale pour la remise des médailles. Les Gilles nous rejoignent pour l'occasion.


Nous assistons ensuite au rondeau du matin. Sur la place de l'église, ou place Jean Lagneau pour les puristes, les Barons sont rejoints par les cinq sociétés de Gilles de Souvret. Ensemble, ils tournent plusieurs fois autour de la place avant de se séparer.





Vient le temps de midi, les Barons mangent de leur côté, nous partons manger du nôtre. Après une petite sieste dans la voiture, nous revenons pour voir le cortège de l'après-midi.


Là, nous voyons les autres sociétés défiler. 5 sociétés de Gilles mais également les sociétés de Dames qui les suivent, dans leurs costumes propres à elles.

Les Barons sont accompagnés de la viole lors du cortège, cela ajoute un son différent à la musique composée d'un tambour et d'une grosse caisse.

Nous les regardons passer et attendons le début du rondeau final.





Les Barons sont les premiers à entrer sur la place, suivis par les autres sociétés qui arrivent chacune les unes après les autres. Ils tournent tous ensemble lorsqu'un feu d'artifice illumine le ciel. La musique, les apertintailles, les sabots et les cannes qui claquent sur les pavés, tous ces sons se mélangent à celui des feux, c'est un beau moment !



C'est ainsi que notre journée se termine, nous rentrons chez nous fatigués, mais de beaux souvenirs plein la tête.


Lundi


20 mars, 22h. Nous prenons la route vers Souvret pour aller assister au brûlage du Gille. Coutume à laquelle je n'ai jamais assisté.

Lorsque nous arrivons dans la cour de la Brasserie Renaux-Lefebvre, nous découvrons un costume de Gille suspendu à une potence. Je ne m'attendais pas à ce qu'on en brûle un vrai, je suis surprise. Quand on m'avait dit le brûlage du Gille, je pensais à un bonhomme de paille mais pas à un réel costume.


Les Barons se mettent en place autour de la potence, attendant les Gilles qui doivent les rejoindre. Ceux-ci arrivent en rythme et en danse.


Les accompagnants allument des feux éclairant la cour de la Brasserie, projetant des ombres sur les murs.


Un rondeau s'engage autour de la potence. Les Dames qui accompagnent les gilles ont des ombrelles lumineuses, ce qui ajoute une petite touche de lumière à l'ensemble.


Enfin, on allume le feu sous les "pieds" du costume. Très vite, celui-ci s'embrase

tandis que Gilles, Dames et Barons dansent autour de lui. Des oranges sont lancées dans le bucher. C'est une super ambiance, on chante, on danse, on s'amuse.




Deux Gilles m'ont même donné des oranges. Tel un enfant, j'étais toute contente, trop fière d'en avoir reçu.


Après quelques tours, les sociétés se séparent et repartent chacune de leur côté, c'est la fin de ce moment magique, un peu hors du temps.


Nous repartons chez nous, avec en nous la musique et de belles images ...


Mais au fait, d'où viennent les Barons ?


La Société Royale Folklorique "Les Barons Vadrouilles de Souvret" soufflera ses 90 bougies l’an prochain. Il s'agit également d'une société philanthropique. Elle se distingue de la société folklorique tant pour son président que pour sa raison d’être.

La société folklorique est axée sur le côté festif et récréatif, tandis que la société philanthropique réunit des fonds redistribués chaque année aux associations et œuvres communales.


Tout a commencé en 1930, lorsque deux copains ont décidé de créer une société. A l'époque, ils sortent déjà en chapeau haut de forme, redingote, nœud rouge et pantalon gris.

Lors d'un voyage à Paris quelques années plus tard, ils se rendent à la représentation de la pièce musicale "Le Baron Vadrouille".

Lors de leur retour à Souvret, en 1934, ils décidèrent de former une société burlesque dont le nom serait « Les Barons Vadrouilles ». Ils porteraient les costumes qu’ils avaient vus lors de leur visite à Paris, c’est-à-dire chapeau buse, chemise blanche, nœud papillon rouge, gilet rouge, redingote à pans, pantalon en tissu écossais, chaussettes blanches, gants blancs, pochette rouge, un œillet blanc et un rouge à la boutonnière.


Lors de soumonces (sorties qui précèdent le Carnaval), la tenue imposée est le chapeau boule, tenue foncée de ville, chemise blanche, nœud papillon rouge, trench (imperméable) et un parapluie dont on ne peut se servir.


Si les Gilles donnent des oranges, les Barons, quant à eux, distribuent des caramels, par la suite remplacés par des sucettes.


Un Baron, pour être accepté et nommé, doit être parrainé par un des anciens Barons du groupe qui est responsable de sa pupille. Durant les premières sorties, il le forme afin que les traditions, l'ambiance et l'esprit du groupe soient conservés de générations en générations.


Voici quelques mots du président sur les coutumes des Barons...


"Aux Barons, on ne risque pas d’avoir soif. Il existe même des traditions pour s’en assurer.

À la première réunion de l’année, le président fait sa présentation des vœux, et offre son verre pour bien débuter.

Les naissances, les nouveaux Barons, etc, sont d’autres exemples. Toute occasion est bonne pour se réunir autour d’un verre."


...Appuyés par le refrain de la chanson des Barons Vadrouilles :


Ohé les Vadrouilles, marchons tous au pas,

Comme une patrouille, mais n’oublions pas...

Si le front se mouille, faut trinquer les gars,

Le gosier se rouille quand on ne boit pas !


Vous l'aurez compris, on ne s'ennuie pas auprès des Barons et ça a été un plaisir et un honneur de partager une journée en leur compagnie.


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